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Laurie-Eve Langlois
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Chroniques d’une infirmière nordique

Je vis mes vacances depuis bientôt deux semaines, Pat et moi sommes dans le déménagement à plus que temps plein depuis le début de nos vacances ; c’est un évènement VRAIMENT heureux et un peu stressant pour moi… ce qui mettait l’envie et le temps d’écrire un brin de côté!

Me revoit-ci !

Et tout ça m’a donné envie de vous parler d’un sujet bien unique au mode de vie nordique: notre double vie !

Eh oui… je l’avoue ici… je suis de ceux et celles qui ont une double vie. Je l’assume et ne la changerai pour rien au monde.

Huit mois par an, je mène la vie nordique. Ma routine de vie devient mon ancrage. Je m’investis dans mon travail à un nombre d’heures qui donne parfois la chair de poule aux gens du sud. Les gardes deviennent un peu ce qui « manage » le reste de mon temps ; elles m’ont fait faire le tour de l’horloge plus d’une fois… alors le lendemain d’une garde… REPOS ! Le travail peut s’avérer souvent stressant… par le manque de ressource et l’éloignement. Obligée de dire ici qu’à Inukjuak… les journées de travail et les gardes sont plus que bien remplies… elles débordent. Je suis par contre bien loin de l’impatience et de la pression du quotidien du Sud que je remarque de plus en plus lors de mes mois de congé. Ici… je quitte ma maison à 8h58 pour être au boulot à 9h00… pas de feu de circulation, pas de bouchon de trafic, personne ne me klaxonne ou ne me fait des simagrées du loin de son banc de conducteur. Ici, aller à l’épicerie est soit disant une petite sortie… et la vitesse à laquelle la caissière absorbera l’heure de pointe de 17h… ça la regarde… personne ne sera impoli envers elle… les gens n’ont pas 1001 rendez-vous à orchestrer dans leur horaire trop serré. Puis quel moment heureux que d’avoir de bonnes mangues à moins de 7$, ou mettre la main sur une des cinq caisses de clémentines reçues à 12$. Les factures d’épiceries m’ont rendu amer durant mes premiers mois ici… la démesure dans les prix est tellement présente… à en rendre septique ceux à qui j’ai déjà raconté mes « pires » découvertes… ! Ma structure d’entraînement ici fait partie de mon équilibre. Entre le tapis roulant du gym gros comme un cabanon et mes longues randonnées de course du dimanche dans la toundra l’été… le sentiment est mitigé.

Le social se fait souvent au brunch du dimanche… un genre de « Pot Luck »… ou on mange longtemps et trop… on échange, on discute. Pour ma part, pas d’alcool durant mes mois passés au Nord… je n’en fais pas une religion… mais ça me fait vraiment du bien de mettre ça sur pause quelques mois par année. J’ai découvert un amour pour le ski de fond l’hiver dernier… on part en randonnée entre copines, parfois autour du village, parfois bien loin dans l’immensité de la toundra… il n’y a absolument aucun mot pour décrire ce sentiment, il faut l’avoir vécu. Le soir, on écoute des séries… des films… et des séries ! On soupe avec ce que l’avion a bien voulu livrer cette semaine ! On prend garde à notre consommation d’eau… et ça nous conscientise davantage lorsqu’on revient au Sud.

Donc pendant ces mois de vie nordique, le travail, la routine, le mode simplicité volontaire sont la base de mon rythme de vie.

Puis… arrivent les vacances. À tous les 9 à 12 semaines, on prend nos vacances bien méritées. Elle arrive toujours au bon moment ! Après quelques nuits blanches et des journées de travail plutôt chargées… la fatigue est au rendez-vous. Et arrive la « run de lait » à bord d’air « maybe » (air inuit), pour te rentrer dans le corps bien comme il faut ! Arrivée à Montréal… on ressent à la fois de la joie et du soulagement… puis l’étourdissement de la vie « sudique » ! On casse la routine pour un mois… et j’adore ça. Voyage, souper au resto, activité par-dessus activité, randonnées, retrouver ses proches, sa famille, ses amis… décrocher du boulot… entendre la réalité des gens d’ici. Faire la grasse matinée (ce que j’essaie fort, mais ne réussit pas tellement), boire des millions de délicieux cafés, aller faire sa première épicerie de retour ! Plusieurs d’entres-nous vivons nos vacances de façon bien différente… mais je crois que le sentiment de liberté s’applique à tous… et que profiter de la vie prend un sens plutôt unique.

La beauté de la double vie… c’est que jusqu’à maintenant, chaque fois que j’embarque dans cet avion pour passer de l’une à l’autre, j’ai un sentiment positif. Du nord au Sud et du sud au Nord… le soulagement, l’envoûtement, la légèreté. Cette double vie est différente, mais elle est la mienne… elle est mon équilibre et elle me rend fière. Elle donne place à une tonne de surprises, elle me permet de me recentrer.

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