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Laurie-Eve Langlois
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Chroniques d’une infirmière nordique

Dans mon travail, j’ai la chance et le privilège de les voir grandir. Poupons, ils réussissent à nous émerveiller simplement en dormant dans l’amautiq de leur maman. Ils sont fort ces bébés du Nord… ils se tiennent la tête haute à moins d’un mois de vie. Ils n’ont pas accès à un banc de bébé sécuritaire placé dans le VUS de l’année de papa et maman. Seulement une très grosse « capine » dans lequel ils sont au chaud pour se faire trimbaler d’une place à l’autre, à pied ou en ski-doo. Aussi mignons qu’ils soient, je préfère lorsqu’ils ont passé avec force l’âge de la mort subite du nourrisson. Les stats sont là… la prévalence n’est pas comparable avec le Sud. Quand on choisit d’être infirmière, on ne choisit pas de bien vivre avec cette partie de notre travail ; ça nous brise un peu à chaque fois et on a le droit de pleurer ou de crier à l’injustice. Je dirai ici à ceux qui croient qu’on est fait pour ça parce qu’on a choisi de faire ce métier… Je ne dirai pas grand-chose en fait… ça mérite seulement de ne pas m’en préoccuper.

Donc alors… ils ont maintenant environ six mois. Les plus fragiles combattront les bronchiolites par-dessus bronchiolite. Beaucoup auront la chance d’avoir des parents qui sont pros dans le « clean-up » nasal et qui savent quand s’inquiéter. Puis d’autres auront besoin de beaucoup de couverture nursing pour s’éviter le transfert… et quelques-uns quitteront leur village pour un petit temps parce qu’ils sont ceux qui ont eu un peu moins de chance.

Jusqu’à l’âge de deux ans… ils viendront à nous parfois malade, parfois pétant de santé pour leur suivi vaccinal. C’est beau de les voir le nez propre et la peau fraîche. Ça fait du bien quand les parents semblent intéressés par le développement de leur premier bébé… ou de leur huitième. Cette belle séance d’enseignement et de « catinage » se termine par deux ou trois belles piqûres toutes données en harmonie au compte de trois. Pas grave… ils ne s’en rappelleront pas (mmm… la plupart).

Ils deviennent ensuite enfants. Entre deux et six ans, certains te reconnaissent. Et là… ouf, parfois ça fait du bien. Ils te font un « high-five » après leur consultation, quelques-uns t’envoient un « bis soufflé » où te font un gros « hug », d’autres veulent aussi écouter ton cœur avec ton stéthoscope. Une minorité d’entre eux sont complètement insoutenables… des vraies pestes. On se rassure que cette bougeotte qui les pousse à fouiller dans tes poubelles jusqu’à « faire le bacon » sur ta table d’examen, ne doit pas refléter une méningite fulgurante.

Ce qui ajoute encore plus de beau à tout ça… ce sont ces parents qui sont remplis de reconnaissance. Ceux qui reviennent te voir pour te témoigner leur satisfaction. Ceux qui te saluent à l’épicerie et qui te demandent comment tu vas, ceux qui sont contents de ton retour de vacances parce que ta présence dans le village les rassure, ceux qui te font confiance.

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