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Laurie-Eve Langlois
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Chroniques d’une infirmière nordique

Je n’ai pas écrit depuis novembre. Je ne vous avais pas oublié et de toute évidence, vous non plus… Les « likes » se multiplient à une vitesse exponentielle. Ça m’a quasiment donné le syndrome de la page blanche. Merci de vous intéresser au Nord.

Voilà, ma tête, mon cœur et ma plume était ailleurs. J’étais hésitante à écrire cette prochaine chronique. Elle est peut-être plus personnelle à moi. Tant mieux si d’autres se reconnaissent.

Le mur de l’éloignement m’a rattrapé récemment, ce pour quoi j’étais ailleurs. Loin de l’envie d’écrire. Ce mur que je crains depuis que j’ai commencé à faire du Nord. Le même type de mur que j’appréhendais lorsque j’ai couru mon marathon en septembre dernier. Celui dont tout le monde parle, celui dont tu crois t’être préparé à affronter, mais dont tu comprends l’existence réelle qu’une fois que tu y es réellement confronté. La double vie dont je faisais l’éloge dans mes premières chroniques à aussi son petit côté sombre. Elle implique d’être loin de ceux qu’on aime, et ce dans les moments où ils auraient le plus besoin. J’ai toujours trouvé ça un peu triste de manquer l’anniversaire d’une bonne amie, la naissance de son bébé ou même son mariage. Je me consolais rapidement en me disant que je pouvais à ma façon, souligner les choses importantes à mon retour et démontrer ma présence autrement. Je vis plutôt bien avec le concept de manquer les évènements heureux. Là où ça déchire un peu plus, c’est quand la maladie frappe et qu’elle frappe fort. Par respect pour ceux que j’aime qui traversent la tempête, je ne mentionnerai pas de qui ou de quoi il s’agit, ce n’est pas le but de cette chronique.

Quand ton monde, celui que tu aimes d’amour souffre et que le moral de tes troupes à besoin de support, tu vis à 200% le mur de l’éloignement. Au-delà du 55e parallèle, le manque de proximité physique entraîne malgré lui un brin d’éloignement psychique. Le téléphone ne suffit pas, c’est la réalité. Il faut pouvoir toucher, sentir la chaleur des autres, pleurer et rire au même moment, accueillir les mauvaises nouvelles avec eux et se réjouir des meilleures journées, juste être là et respecter les silences. La peur, la détresse, le mal et la peine, ça fait son temps au bout du fil ou d’un courriel. Le mur de l’éloignement du Nord me plonge dans l’impuissance, voilà. Être loin, huit mois par année, c’est le choix que j’ai fait, je l’assume dans son entièreté. L’assumer ne veut pas dire de croire que toutes les facettes du choix sont justes. Ce sentiment d’impuissance est peut-être un peu égoïste. Au fond de moi, je sais que ceux qui m’aiment acceptent ça, par amour.

Depuis mon retour de vacance, j’appréhende inconsciemment le coup de fil qui me fera redescendre, et ce, malgré que je sois positive et pleine d’espoir que ceux qui sont au Sud traverseront leurs tempêtes comme de vrais combattants. Je suis sans cesse à me répéter que j’ai aussi des petites batailles à livrer ici, que je dois être en paix avec ma double vie, que je dois respecter mes choix et accepter que même si j’étais là, la souffrance des autres ne puisse perler sur mon dos.

Malgré tout, le froid glacial du Nord me réchauffe un peu, il est mon deuxième chez moi, je le sens un peu plus à chaque fois que j’y reviens. Je retourne au sud en mars, d’ici là, je tente de faire confiance à la vie, je m’en remets aux autres soldats de la famille qui peuvent supporter avec leurs épaules les moins bons moments et alimenter par leurs rires les plus beaux.

Mon Bob et ma princesse, on se revoit bientôt

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